" De Chrysalide Pik'Art Déco à Faffag " En Picardie et plus particulièrement dans l’Oise sur le Plateau Picard et le Clermontois, Le C.A.U.S. (Chantier d’Activités d’Utilité Sociale) « Art Déco » pendant 10 ans puis La « Chrysalide Pik’Art Déco » composée du C.A.U.S. « Art Déco » d’un Chantier d’Insertion « Chrysalide » et d’un Label Actif « Pik’Art » sur une période de 3 ans, ont démontré l’efficacité d’un concept innovant de réinsertion au travers les Arts Décoratifs. Cette structure a fermé ses portes en 2009, faute de moyens financiers suffisants et pourtant, c’est avec un taux de plus de 90 % de resocialisation et plus de 65 % de taux d’insertion sociale et professionnelle (c'est-à-dire une orientation vers un emploi ou une formation) que l’équipe des permanents a répondu aux objectifs de réinsertion sociale et professionnelle . Quels ont été les ingrédients menant à une réelle dynamique d’insertion ? C’est avant tout un concept et un réel travail d’équipe guidé par des idées simples et réalistes avec en ingrédients : Un concept innovant autour des arts décoratifs
Mais, Chrysalide Pik’Art Déco c’est quoi ? C’est avant tout un concept innovant autour des arts décoratifs, Passionnée par les techniques décoratives, Christine CORNILLOT, a commencé son aventure dans le monde de l’insertion en 2000 en tant que formatrice sur un projet du P.L.I.E. du Plateau Picard d’après un concept du Conseil Général de l‘Oise. Très rapidement, rendre les techniques accessibles à tous et la transmission des savoirs faire dans le respect de l’environnement des techniques en décoration a permis à un public éloigné de l’emploi d’accéder au culturel, à l’imaginaire, à l’envie de faire au travers des projets en apparence inaccessibles. L’ensemble technique et accompagnement socio professionnel a permis à cette expérience de démontrer que l’impossible peut devenir possible et pour chacun, l’itinéraire, qu’il s’effectue en 3 mois, 2 ans ou plus est toujours le même : Repli sur soi
Dès la 2ème année, Christine CORNILLOT a été responsable du C .A.U.S. « ART DECO » afin de créer un partenariat plus étendu sur l’Oise pour la mise en place de modules à même d’augmenter les sorties positives. Les objectifs de resocialisation ont été atteints dans ce cadre à plus de 90 %. Il a été donc envisagé d’étendre cette expérience à un chantier d’insertion et un atelier de redynamisation. « CHRYSALIDE PIK’ART DECO » a donc été créée et a été composée d’une action de resocialisation « Art Déco », d’un LABEL ACTIF « Pik’Art » qui se situent dans les toutes premières étapes d’un parcours d’insertion et qui s’adressaient aux bénéficiaires du R.M.I. (revenu minimum d’insertion) ou de l’A.P.I. ,(allocation parent isolé) et un chantier d’insertion « Chrysalide » pour les D.E.L.D., (demandeur d’emploi longue durée) les bénéficiaires du R.M .I. , A.P.I. et T.H. (travailleur handicapé) avec une équipe de 7 permanents pour 48 personnes en insertion par session. Et les projets les plus fous ont pu être mis en place, garants de la réelle implication de chacun pour un réengagement personnel pour l’avenir. Nous avons donc créé tout ce que vous pouvez découvrir sur ce site, du drakkar, à la maquette de maison en torchis, sans oublier notre yourte en carton de 5 mètres de diamètre présente à Quend plage au Festival de Groland.
Organisation du travail dans les ateliers Les ateliers ont proposé à travers différents modules structurés de mettre en valeur les qualités personnelles, des savoirs faire, des aptitudes. La finalité de ces actions étant de lever les barrières physiques et psychologiques par rapport à l’emploi. Par ses activités, Chrysalide Pik’Art Déco a permis la mise en valeur des qualités personnelles par la découverte de différentes techniques de décoration sur tous supports, meubles en carton, soie, enduits en matières minérales, tournage du bois, électricité, etc. Chaque module passant par une phase de découverte des techniques de base. C’était la période d’adaptation indispensable pour créer un climat favorable à l’émergence d’un désir de progresser et pour permettre de s’intégrer et travailler les points suivants : Être attentif
Pour optimiser les parcours, Les activités sur les ateliers se sont déroulées en trois périodes : Une première période qui permet d’aborder les différentes techniques de décoration, que se soit la peinture sur soie, les enduits en matières minérales ou la fabrication de meubles en carton. C’est essentiellement un travail individuel très encadré. C’est aussi une période importante pour lutter contre l’absentéisme, favoriser la ponctualité, le respect de la vie collective et des autres. En deuxième période, création de projets collectifs pour permettre un travail d’équipe où chacune peut proposer une idée, effectuer des recherches, s’investir, c’est un premier pas vers l’autonomie et la communication. À ce stade, nous proposons des expositions pour mettre en valeur les réalisations et permettre à chacun de se sentir valorisé. C’est un moment important puisque le regard des autres est admiratif et chaque fois c’est une étape, un déclencheur positif dans les parcours. Enfin, durant la troisième période, nous essayons principalement d’amener à l’autonomie et la prise de responsabilité dans le travail individuel par la conception et la réalisation d’un objet ou d’un élément de décor.
Compétences transversales travaillées sur l’atelier : Ponctualité, lutte contre l’absentéisme, règles de vie collective, respect des autres, écoute, respect des consignes, prise de responsabilité, etc. Resocialisation et développement personnel L’accompagnement social se conçoit dans une démarche dont le but est, dans un premier temps, avec l’implication du bénéficiaire, d’identifier les difficultés réelles puis, d’envisager les solutions permettant une évolution positive de la situation et pour proposer une aide à la resocialisation et l’acquisition d’autonomie. Acquisitions lors des modules d’aide à la resocialisation :
En groupe, nous abordons d’une manière générale les problèmes liés à la santé, l’image de soi, la nutrition, la violence, la mobilité, les droits et les devoirs. Le suivi individuel se propose d’être essentiellement à l’écoute afin de rechercher des solutions adaptées aux problèmes individuels (social, familial, comportemental, etc.), d’accompagner et d’orienter vers les différents partenaires compétents pouvant répondre aux besoins mis en émergence. Nous avons fait appel à nos partenaires et avons mis en place chaque année différents modules pour aborder différents thèmes comme : la santé, la fécondité, la diététique, l’alcool, le tabac, la drogue, la mobilité, l’image de soi (hygiène, présentation, savoir vivre, etc.), les droits et devoirs, les luttes contre les violences, etc. Nous utilisions cet ensemble d’informations lors de séances collectives et individuelles, pour amener la personne à modifier ses comportements et à mieux se prendre en charge. Nous travaillons également le côté culturel en proposant des sorties dans des expositions, des musées, la médiathèque, sorties etc.
Notre concept de réinsertion par le biais des arts décoratifs auprès d’un public très éloigné de l’emploi amène, au vue des résultats d’insertion, à une réelle réflexion tant financière qu’humaine et le taux de sorties positives que nous sommes en mesure d’avancer (plus de 65% Chantier d’Activité d’Utilité Sociale, Label Actif et Chantier d’insertion confondus) prouve l’efficacité de la pédagogie qui a été mise en place.
Le problème de l’insertion Le problème de l’insertion se trouve essentiellement dans les politiques successivement mises en place et des subventions en baisse d’année en année. Entre la conception du projet, sa mise en place et son fonctionnement, une période de 2 ans a été nécessaire pour obtenir un carnet de commandes qui commençait à s’étoffer, malgré cela, nous avons subi de plein fouet, les baisses de fonds Européen, la crise économique et la baisse du taux de prise en charge de nos publics. L’autre grande problématique L’autre grande problématique est l’isolement des structures. En effet, même s’il existe des réseaux dynamiques, la charge de travail, la course aux financements, les besoins des publics en énergie et le manque de moyens (mise en place d’outils fiables et faciles d’utilisation) amène les dirigeants et leurs équipes à un épuisement et à un sentiment de réel incompréhension de leurs difficultés alors qu’ils ont, pratiquement tous, de réelles compétences pour un travail efficace d’insertion sociale et professionnelle.
La grande difficulté des suivis comptables L’autre grande difficulté des associations d’insertion se trouve être la multitude des présentations des dossiers administratifs en constant décalage de dates avec l’exercice comptable et des bilans financiers ne correspondant pas aux présentations comptables en vigueur , et de surcroît, différents d’un financement à un autre. D’autre part, nombre d’associations sont confrontées au manque de professionnalisation des permanents en matière de gestion et de traitement comptable. La tenue de la comptabilité est souvent effectuée par des bénévoles ou des employés non qualifiés dans ce domaine en raison de la difficulté pour les structures à offrir un niveau de salaire correspondant à la qualification et l’expérience requise. Chantier Ecole, par la proposition d’outils de gestion et de formations des permanents peut permettre une évolution si, toutefois, les permanents des structures arrivent à dégager le temps nécessaire à ces formations et à la mise en place des logiciels (avec les adaptations qu’ils nécessitent au vue des spécificités régionales) et en concordance avec les demandes des Conseils Régionaux et Conseils Généraux. Une uniformisation des pratiques et des demandes, le fameux « Dossier Unique » (lorsqu’il sera réellement mis en place) ne peut être que profitable à tous. Enfin, La gestion des associations devenant de plus en plus complexe, Le projet de professionnalisation des bénévoles du Conseil d’Administration d’associations visant à aider les dirigeants des structures dans leurs fonctions est tout à fait opportune, toutefois, pour plus d’efficacité, cela devrait être étendu aux comptables des associations En ce qui concerne Chrysalide Pik’Art Déco, Si nous devions reprendre le concept, nous devons en analyser ses forces et ses faiblesses et force est de constater que pour être en mesure de continuer à fonctionner avec les moyens financiers qui étaient les nôtres, nous devions faire face à une réalité :
C’est en grande partie pour cette raison, que nous avions trouvé essentiel au mois d’octobre 2008, qu’un audit pouvant être commandité par le Conseil régional soit effectué. Nous souhaitions être en mesure, par cet intermédiaire « extérieur », de pouvoir proposer une autre manière de « faire » qui puisse répondre à la fois aux besoins d’insertion de nos publics au sens large du terme, avec les même taux d’orientation, et savoir dégager des fonds propres indispensables à la pérennisation de nos actions avec la nouvelle politique nationale, régionale et départementale. Pour ce faire, nous avions conscience que nous devions être en capacité de prendre le problème autrement de ce qui est habituellement pratiqué.
Cohérence de l’équipe Dès la présentation du projet auprès de nos partenaires en novembre 2006, sur l’expérience menée depuis avril 2000, nous avons insisté sur la mise en place d’un ensemble de modules pour favoriser au maximum l’orientation des personnes vers un emploi ou une formation. En effet, le concept s’appuie principalement sur l’individu dans ses besoins fondamentaux (personnels et sociaux) en lui proposant une découverte de ses capacités, une écoute et des propositions d’évolution en accord avec lui-même. Toute l’équipe des permanents se devait de répondre à ces exigences et les résultats prouvent l’efficacité de cette pédagogie. Pour mener à bien l’ensemble des actions de Chrysalide Pik’Art Déco, il était indispensable que les fonctions de chacun soient précisées et en cohérence avec nos objectifs. L’organisation même de nos activités avec le rôle très défini de chacun des permanents, comme souligné ci-dessous, démontre l’efficacité d’une pédagogie lorsque les freins et les besoins de chacun sont mis à jour. Cela permet de formuler des demandes concrètes et réalistes, positives et négociables. Le tandem, Accompagnatrice socio professionnelle et comportementaliste, a, grâce à leur complémentarité, pu mener à bien les orientations. L’accompagnement socio professionnel étant plus particulièrement chargé du côté administratif, récolte d’informations et contacts avec les partenaires, la comportementaliste était chargée du rôle de repérage des réels freins de la personne. Des réunions d’équipe régulières ainsi qu’un temps journalier d’échange renforcé et une écoute toujours disponible de la part soit de l’accompagnatrice, soit de l’encadrante technique, mais aussi de l’ensemble des permanents, ont permis à l’équipe d’avoir une vision très précise des situations, besoins et freins de chacun. Ainsi, nous pouvions effectuer des propositions en cohérence avec le parcours et la personne et tenir un langage commun. Nous pouvons, bien entendu, dire encore mille choses, ce que je me réserve d’ailleurs pour plus tard. Mais, cette aventure humaine, si elle a permis à de nombreuses personnes de reprendre pied dans la société, nous a aussi beaucoup apporté. Relever le défi et remettre en place une action, c’est un peu tôt aujourd’hui, toutefois, l’équipe des permanents de Chrysalide Pik’Art Déco crée une nouvelle association en ce mois de janvier 2010 : la F.A.F.F.A.G.
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