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Le potier
La terre tourne
Pétrit son âme
Et le détourne
Du chant des femmes
Mouillée de désir
L'argile glisse
Subtil délice
Au creux de ses mains
Gonflée de plaisir
L'argile file
Bonheur fébrile
D'un baiser sans fin
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Lissant les émaux
D'un regard de feu
Il leur dit les mots
Des grands amoureux
Caressant ses pots
D'un trop grand amour
Il a les yeux clos
Aux portes du four
La boule ronde
Redevient monde
Le potier rêve
De pétrir Eve |
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MARINE
Du voile de l'ennui
paralysant l'esprit
j'aurais aimé m'affranchir.
D'un voile de tes caresses
enveloppant mon corps
j'aurais aimé me vêtir.
Du voile de la tendresse
régissant les mots forts
j'aurais aimé te chérir.
Aux voiles de la nuit
ensorcelant ta vie
j'aurais aimé me blottir,
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Petit marcheur
Simple passant
Marchand
D'bonheur
Passeur
Charmant
Charmeur
Flânant
Masseur
Des coeurs
Ou bien du dos
Petit amant
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Marchand
D'douceurs
Tendresses
Caresses
A fleur de peau
Petit penseur
Pansant
Les heures
OÙ tu attends
Simple rêveur
Simple marcheur
Mangeur
De vent
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LE GRAND NOIR
Un grand noir
un beau soir
s'en vient boire
un p'tit noir.
Deux boudoirs
s'ul comptoir
osent à croire
que le Noir
partira
sans les voir.
Désespoir !
Les boudoirs
atterrissent
dans l'p'tit noir.
Le grand Noir
agite
son enfournoir
et dans l'boudoir
plante
ses belles dents
d'ivoire. |
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Au petit marché
J'avais dans mon grenier
un vieux sac de baisers
tout chagrinés
tout desséchés
tout chiffonnés
trop renfermés
trop élimés
trop oubliés,
un sac de vieux baisers.
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| Au petit marché
je les ai changés
contre deux bises mauves
contre deux bises folles
contre deux bises fauves
de celles qui vous affolent
de celles qui affriolent
de celles qui font rêver.
Deux belles bises
sucrées et mouillées
chaudes et ensorcelées
sauvages et étoilées,
mordantes et perlées
chantantes et exaltées
enivrantes et poudrées.
Au petit marché
je me suis ruiné
pour deux jolis baisers.
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